Le lithium est reconnu par les gouvernements du Québec et du Canada comme ayant une importance critique et stratégique pour le pays et la province. En effet, il fait partie des 34 minéraux critiques et stratégiques (MCS) identifiés par le gouvernement du Canada et des 28 MCS identifiés par le gouvernement du Québec.
La matière
Le lithium est un élément chi
mique de symbole Li et de numéro atomique 3. C’est un métal alcalin doux, de couleur argentée, léger et très réactif (MRNF, 2025). Le lithium est le métal solide le plus léger du tableau périodique et se trouve principalement dans des roches ignées (en forme de roche dure, et avec de belles découvertes principalement dans les régions d’Eeyou Istchee Baie-James (EIBJ) et en Abitibi-Témiscamingue) ou des dépôts de saumures (principalement en Amérique latine).
Comme l’aluminium, qui est produit à partir de la bauxite puis de l’alumine, le lithium ne se retrouve pas à son état pur dans la nature. Il se présente plutôt sous une forme de Lithia (Li2O), contenu dans un minéral appelé spodumène (roche dure), qui lui fait partie de la grande famille des minéraux appelés pegmatites.
Le lithium peut aussi être présent sous formes de sels, tels que le Carbonate de Lithium (Li2CO3) ou le Chlorure de Lithium (LiCl), qui sont présents de manière dissoute dans de l’eau (saumures). À ce jour, le lithium sous forme de carbonate ou chlorure n’existe pas au Québec.
Son utilité

Le spodumène étant l’une des sources majeures de Lithium, il est donc au cœur de la composition des batteries lithium-ion qui alimentent une multitude d’appareils et véhicules électriques.
Il existe une multitude de batteries au lithium, et les technologies continuent à évoluer rapidement. En résumé, il existe deux principaux groupes de batteries au lithium : les batteries lithium-ion (Li-ion) et les batteries lithium-métal (Li-métaux). Les batteries les plus courantes sont les Li-ion, dû au fait que les batteries li-métaux présentent des défis technologiques importants qui empêchent leur prolifération sur les marchés.
Les ressources mondiales de lithium
Selon RNC (2025a) et USGS (2024), en 2023, le Canada se positionnait au sixième rang mondial en matière de réserves de lithium, détenant environ 3% des réserves mondiales, soit 681 000 tonnes. On estime également que la majorité des ressources mondiales de lithium se trouveraient au Chili (41%), en Australie (25,4%) et en Argentine (9,8%). En termes de production, l’Australie mène le bal avec 52% du volume mondial, devant le Chili (25%) et la Chine (13%) (RNC 2025a).
À la lumière des nombreuses initiatives d’exploration et de découverte en EIBJ et en Abitibi-Témiscamingue, le Québec se dirige rapidement vers une position de leader parmi les principaux producteurs mondiaux de lithium. Cette montée est d’autant plus tangible avec la mise en œuvre de projets majeurs déjà en opération ou avancés, notamment North American Lithium (NAL), Nemaska Lithium, Galaxy, ainsi que les efforts du gouvernement québécois pour stimuler le développement de la filière batterie et la transition énergétique. Plusieurs nouveaux projets, tels que le projet phare Adina Lithium, visent également à atteindre un jour la phase de construction dans les années à venir.

Le lithium possède des propriétés chimiques similaires au sodium et au potassium, mais est plus léger que ceux-ci. Grâce à cela, il devient le candidat parfait pour fabriquer des batteries légères et à haute densité d’énergie, comme celles utilisées dans les véhicules électriques, les éoliennes, les panneaux solaires, et toutes sortes de matériaux portables, tels les ordinateurs portables, les lumières extérieures sans fils, les lampes de poche, les radios sans fils, lampes frontales, stimulateurs cardiaques, téléphones intelligents, drones, etc.
Ainsi, le lithium est un élément clé pour supporter nos besoins énergétiques tout en soutenant la transition énergétique qui, quant à elle, vise de réduire les émissions de gaz à effet de serre en transformant notre mode de production et de consommation d’énergie.
Une demande à la hausse
Bien que les besoins en production de batteries li-ion représentent 74% de la demande en lithium, ses dérivés sont également essentiels dans la fabrication de lubrifiants industriels et de verre résistant aux hautes températures, comme la vitrocéramique que l’on retrouve sur les cuisinières domestiques, ou encore dans la conception de certains médicaments.

Selon l’étude économique préliminaire de Ressources Winsome
L’offre mondiale de lithium a augmenté à un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 27 % entre 2016 et 2023, en réponse aux perspectives positives de la demande de l’industrie naissante des véhicules électriques. En effet, de plus en plus de pays et d’organismes régionaux s’engagent à atteindre les objectifs de décarbonisation du secteur des transports, en particulier dans les marchés émergents naissants. Au Canada, toutes les ventes de véhicules légers devraient être des véhicules à zéro émission d’ici 2035, avec des objectifs intermédiaires d’au moins 20 % d’ici 2026 et d’au moins 60 % d’ici 2030.
Les avantages du Québec pour l’exploitation du lithium
L’élément incontournable – et incontrôlable – de tout nouveau projet minier est l’emplacement de la ressource. Au cours des dernières années, des importantes découvertes de zones minéralisées en minéraux de lithium ont été faites au Québec, voire les plus importantes en Amérique du Nord, et ce en plus des projets majeurs déjà définis et en phase d’opération ou avancée. Une telle concentration de projets dans une même région présente une opportunité unique de partager l’utilisation de certaines infrastructures, telle celles pour concentrer le minerai ou le transporter, diminuant ainsi les ressources requises pour démarrer des projets et, par conséquent, l’empreinte environnementale collective.
En plus d’être positionnées sur un corridor où les ressources minérales semblent très élevées, les différentes propriétés minières en EIBJ dans le Nord du Québec sont situées à proximité du Complexe La Grande d’Hydro-Québec, position stratégique pour un accès éventuel aux infrastructures hydroélectriques.
Le processus de conversion du spodumène en carbonate de lithium ou en hydroxyde de lithium nécessite beaucoup d’énergie. Si cette énergie est obtenue à partir de sources fossiles, la production entraîne alors d’importantes émissions de CO2. Heureusement, 97% de l’énergie produite dans la province est d’origine hydroélectrique. Cela ferait en sorte que le lithium produit au Québec aurait une plus faible empreinte environnementale qu’ailleurs dans le monde, contribuant ainsi réellement à la décarbonation des transports.
Finalement, il n’est pas négligeable de soulever que le Québec possède l’avantage d’avoir toute l’expertise requise pour développer des projets innovants, adaptés aux enjeux d’aujourd’hui et conformes aux exigences règlementaires et aux attentes de la population.